dimanche 2 mars 2014

Les « Arts abraysiens », ou la recette d’une politique culturelle lowcost


La communication de campagne de Mr Thiberge bat son plein, les prospectus sur papier glacé arrivent dans nos boites aux lettres. Si l'emballage est luxueux, le contenu est affligeant. Le court article « une ville festive et culturelle », reproduit ci-dessous, témoigne bien du manque de réflexion de l’équipe sortante sur le sujet.

Extrait du 2ème tract de campagne de l'équipe sortante.
Mais de quoi parle-t-on ?
Quel rapport entre les arts et les foulées abraysiennes, la plage des Armenaux ou la guinguette ? Aucun ! C'est le signe, au contraire, d’une grande confusion qui voudrait nous faire prendre une foire à la saucisse pour un évènement culturel. Pourvu que ça ne coûte pas cher ! La notion  « d’arts abraysiens » par exemple, concept économe, nombriliste et démagogique qui voudrait que l’action municipale soit au service des savoir faire locaux, pour peu qu’ils soient bénévoles. On sent poindre ici le désengagement de la municipalité vis-à-vis de la programmation d'artistes professionnels.

Saint Jean de Braye a pourtant été, par le passé, une ville forte en événements culturels de qualité. Le Festival de Théâtre de Rue (un des plus importants de France), le Festival Théâtre à la Folie (théâtre et handicap), le Festival du Conte, tous ont disparus. Même le son et lumière n'a pas résisté au dernier mandat municipal.

La programmation se réduit d'année en année comme peau de chagrin. La communication est quasiment inexistante en dehors de « Regards ». Et le public se raréfie, comme en témoignent les comptes administratifs de la mairie : les recettes de  la programmation municipale sont passées de 11254 € en 2006 à 4 381 en 2011, ce qui représente une baisse de fréquentation de l'ordre de 60%.

Souvenons-nous qu’en 2001, la liste de gauche avait le projet d’une nouvelle salle de spectacle. Treize ans plus tard, le renoncement est tel qu’on se demande bien à quoi aurait servi cet équipement si la droite n’avait pas remporté les municipales cette année-là et préféré une simple rénovation de la salle des fêtes.

Nous bénéficions heureusement de la programmation de la compagnie Clin-d’œil, de l’association Tu Connais la Nouvelle ou du Festival de Travers. Mais pour combien de temps encore ?

Il est vraiment regrettable qu’une commune de la taille de Saint-Jean-de-Braye ne mette pas les moyens humains et  financiers au service d’une politique culturelle ambitieuse.
Et pourtant, comme le dit Jacques Livchine du Théâtre de l'Unité, « l'art est aussi indispensable à l'homme que la chlorophylle à la nature ».