mercredi 26 février 2014

Les clowns

Ca y est ! Ils sont de retour… Qui ? Nos clowns préférés ! Ceux du grand cirque David Thiberge. Ils sont là, sur le marché, depuis le deux février avec leur magnifique écharpe rouge et leur chapeau. Affublé comme « Tonton » (1) ou comme l’Aristide (2) ; fiers comme Artaban, raides comme la justice, le sourire commercial aux lèvres et la petite phrase démagogique qui va avec, pas avares de poignées de mains et de courbettes. Qui est leur conseiller en communication ? Se croient-ils encore au XIXe siècle, quand la majorité des gens ne savaient ni lire ni écrire et se laissaient berner par de grossiers stratagèmes : et que je te dépose un tas de cailloux et un tas de sable à l’entrée du village. Les braves gens pensaient donc que M. le maire allait faire des travaux et boucher les nids de poules de la route principale. Que nenni, braves gens ! Ils ne seront étalés qu’à la veille des élections suivantes.

Rassurez-vous, la plaisanterie ne durera que le temps de la campagne électorale. Après, M. le maire nous affirmera de façon péremptoire et définitive qu’« il ne faut pas cliver ! », qu’il n’est pas de gauche, qu’il ne fait surtout pas de politique, qu’il est seulement un Abraysien au service des autres Abraysiens. Et tout particulièrement au service du premier d’entre eux.

Djacadit

(1) « Tonton » : surnom attribué à un homme politique français aujourd’hui disparu répondant au nom de Mitterrand et au prénom de François. Il commença sa carrière sous Pétain et, en récompense de sa loyauté à l’égard du grand homme, fut décoré de l’ordre de la Francisque (ordre créé par le maréchal). Puis il se découvrit une âme de « résistant » et devint « socialiste », du moins à Paris, puisqu’en Algérie, il déclara : « L’Algérie, c’est la France ; la seule négociation, c’est la guerre. ». La girouette devint président de la République en 1981. Il est enterré à Jarnac (Charente), ce qui peut aussi s’écrire « J’arnaque ! »

(2) Il s’agit d’Aristide Bruant, chansonnier, né en 1851 à Courtenay dans le Loiret et mort à Paris en 1926. D’abord considéré comme pamphlétaire, il s’avéra être finalement un redoutable homme d’affaires très riche, achetant un château à Courtenay où il entretenait une nombreuse domesticité. Il tenta, sans succès, de devenir député de Belleville. Il a gardé de son séjour à Paris de très mauvais souvenirs déclarant en substance qu’il était heureux « d’avoir quitté ce cloaque ».