mercredi 3 juillet 2013

La Loire, égout de l'agglomération Orléanaise

La Loire, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, sert d'égout à l'agglomération Orléanaise car, au moins la moitié de l'année, des eaux usées sont rejetées directement en Loire sans aucun traitement.

Cette pollution qui s'effectue à ciel ouvert à La Chapelle-Saint-Mesmin ("Vaussoudun": 105 jours en 2012), à Saint Jean de la Ruelle ("Chilesse": 139 jours), à Orléans ("Chambre à sable": 167 jours) et à Saint-Jean de Braye ("Saint-Loup": 93 jours) est la conséquence d'un réseau vétuste qui mélange eaux usées et eaux de pluie et qui date des années 40. Cette situation connue depuis longtemps devait être réglée en 1995. 

Il faut croire qu'à l'Agglo "les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent" car il a fallu une mise en demeure du Préfet en 2009 pour que celle-ci daigne enfin programmer des travaux qui ne feront qu'amenuiser les volumes des rejets en Loire. Pour faire quasiment disparaître ces rejets, les travaux auraient dû être beaucoup plus importants mais cela n'a jamais été une priorité pour l'AgglO.

Elle a préféré investir massivement dans des stations d'épuration surdimensionnées  (on pourrait traiter l'eau usée de 640 000 habitants alors que l'AgglO n'en comporte que 275 000) et avec une technologie à la pointe mais extrêmement coûteuse. Ce surdimensionnement est nécessaire d'après l'AgglO car il permet d'éviter des rejets d'eaux polluées en Loire en cas d'orage.
On a en moyenne une trentaine de jours d'orages par an et la réfection/reconstruction des stations d'épuration de la Source et de l'Ile Arrault a avoisiné les 60 millions d'euros. L'AgglO n'a, par contre, pas assez d'argent (il faudrait de 10 à 13 millions d'euros pour ne plus parler des rejets en Loire) pour s'attaquer à plus de 160 jours de pollution directe dans notre fleuve.  Cherchez l'erreur!

A Saint-Jean de Braye
Saint-Jean de Braye est la parfaite illustration des incohérences de l'AgglO dans sa politique d'assainissement.
A la Pointe Saint-Loup (DO1 sur le dessin) il y a eu 93 jours de rejets en 2012, par temps de pluie.
Ils sont principalement dus à la canalisation qui provient de l'Est d'Orléans.
Cette canalisation "unitaire" qui mélange les eaux usées et les eaux de pluie (contrairement à celles de Saint-Jean de Braye, Semoy et Combleux) est sujette aux variations brutales des volumes collectés en cas de pluies importantes.

Pour éviter, par mauvais temps, la saturation du réseau de collecte ou des inondations, on a construit plusieurs déversoirs le long de la Loire. Il y en a un à Saint-Loup. Ces déversoirs sont à l'origine des rejets observables la moitié de l'année.

Après avoir subi une pression importante de la Préfecture et celle de F. Mélantois (http://www.preservons-la-nature.fr/blog/), l'AgglO a décidé de s'attaquer au problème… en faisant des travaux en 2014 uniquement à Orléans, à la Chambre à sable, sans même se donner les moyens de faire disparaître la totalité de ses rejets.
Combien d'années faudra-t-il attendre pour que les déversoirs, dont celui de Saint Loup, et les rejets qu'ils occasionnent soient pris en compte dans leur totalité ? Combien de temps encore la qualité des eaux de la Loire et sa biodiversité seront-elle impactée par nos déchets ?

L'AgglO fait campagne autour de la Loire, aménage ses quais et le canal pour attirer entreprises et touristes mais que fait-elle réellement pour la préserver ?
Saint-Jean de Braye est encore un bon exemple de cette politique de l'AgglO: le port de Saint Loup sera réaménagé en 2014 pour, dixit son Président, "faire en sorte que les Abraysiens se réapproprient les bords de Loire".. mais rien n'est prévu pour stopper les rejets.

La politique de l'AgglO avec ses choix très contrastés a vraiment de quoi rendre perplexe: des investissements colossaux dans des projets très "visibles" (tram, stations d'épuration, bords de Loire..) et dont les dépenses n'ont pas été maîtrisées.. mais trop peu pour assurer une réelle politique d'assainissement à l'échelle des 22 communes qui constituent l'Agglo, trop peu aussi pour remplir sa mission de retraitement total des eaux usées.
Que penser en effet de notre réseau de collecte qui allie ultra modernisme d'un côté, avec des stations d'épuration qui rejettent des eaux "qualité baignade", et vétusté de l'autre, avec des canalisations qui rejettent directement de la merde dans l'eau ?