dimanche 9 septembre 2012

Touche pas à mon champ !

Imaginez : l’entrée de Saint Jean de Braye, entre la coulée verte de la Bionne et la forêt de Charbonnière classées zone nature : un immense parking avec un gigantesque magasin Décathlon bientôt suivi de toute une zone commerciale… Un scénario cauchemar ?

Détrompez vous. Le groupe Oxylane (propriétaire de Décathlon et consort) projette d’implanter à cet endroit, sur 24 ha de terres anciennement agricoles, son nouveau « village dédié au sport et au bien être ». Ce qu’on peut aussi traduire par : « village dédié au dépouillement des sportifs ».

Dans le mensuel de la ville, « Regard » de décembre 2011, le maire trouve que c’est une activité économique qui lui semble compatible avec l’environnement immédiat. Nous ne partageons pas ce point de vue : 1200 places de parking (1), 1 millions de véhicules par an, du béton et des enseignes lumineuses agressives à la place des champs… En quoi cela s’intègrerait-il à cet endroit où la nature a encore ses droits ?

A l’heure où l’on parle de Saint Jean de Braye « ville jardin, ville durable », où l’on prend en compte la sauvegarde de la biodiversité, de la qualité de l’air, la provenance des aliments en favorisant les circuits courts et la production locale, cette décision nous semble non seulement incompatible avec l’environnement immédiat, mais également avec tout le discours « développement durable »!

On nous répondra sûrement que cela va créer 240 emplois (1). Certes. Mais quelle garantie a-t-on que ces emplois ne seront pas pris ailleurs ? Et les conditions de ces emplois seront-elles compatibles avec celles prônées dans l’économie sociale et solidaire ?

On peut aussi avancer qu’ainsi les habitants pourront disposer de nouveaux équipements sportifs. Mais y- en a-t-il vraiment besoin dans notre ville, qui peut s’enorgueillir d’une quarantaine d’associations sportives et d’une large palette d’équipements ?

Un autre argument serait de dire que cette zone était de toute façon classée en zone d’aménagement future, donc qu’il doit y avoir une activité sur ce sol et que ce projet serait le moins nuisible. Ce serait oublier le pouvoir que détient le maire : c’est lui qui signe le permis de construire. Et rien ne l’empêche de surseoir  à statuer sur les diverses autorisations demandées et d’attendre la révision du PLU pour requalifier cette zone en zone agricole.(2)

Là où nous sommes d’accord, c’est que le débat démocratique est essentiel autour de ce projet. Mais force est de constater qu’il n’a pas encore eu lieu ! Faites un sondage autour de vous : qui a entendu parler de ce grand Décathlon?

Chers abraysiens, « le pire n’est pas sûr »(3). Oxylane n’a pas encore la maîtrise totale des terrains. ( Petit message à toi qui détiens les 10% qui lui manque : RESISTE !)
Et notre opération « touche pas à mon champ » ne fait que commencer : pas question que « la ville qui bouge entre Loire et forêt » devienne « la ville qui bouge entre Loire et Décathlon » !

1 : article paru dans la république du centre du 29 novembre 2011
2 : site www.plu-info.net
3 : La voie, Edgar Morin, p.306

Adresse du collectif des riverains opposés à ce projet : contreleprojetdecathlon@orange.fr