mercredi 7 juillet 2010

Quand le Maire de Saint Jean de Braye fait le jeu du Ministère


Politique scolaire de la ville :
Entre le Maire et son second adjoint, des rapports fusionnels ???


Cette année scolaire 2009-2010 a été marquée par la question des fusions d’écoles à Louis Gallouédec et Jacques Prévert. Les médias locaux en ont largement fait écho.

En quoi consiste une fusion d’école ?
1. Prenez une école maternelle et une école élémentaire voisines avec chacune un poste de direction.
2. Attendez qu’un-e des deux directeurs-trices s’en aille.
3. Agitez le tout en regroupant les classes des deux écoles et vous obtenez une école primaire comprenant des classes maternelles élémentaires avec une direction unique.

Présentée comme cela, le procédé est un peu brutal. C’est pourquoi le législateur a prévu un processus d’information et de discussion entre l’ensemble des partenaires concernés en amont de toute décision définitive.
Les fusions d’écoles ont touché 9 écoles dans le Loiret. Elles se multiplient au plan national.

Une mobilisation sans précédent dans le Loiret contre des fusions imposées
Malgré la mobilisation des parents et d’enseignants de St Jean de Braye opposés aux fusions, l’Inspecteur d’ Académie a entériné fin mai 2010 la disparition du poste de direction de la maternelle Prévert et de l’élémentaire Gallouédec.

Pourtant, sans relâche, les parents du groupe Gallouédec et de la maternelle Prévert n’ont cessé de dénoncer :
- l’absence totale de concertation préalable.
- le mépris absolu de l’administration à leur égard.
- le rôle de la municipalité dans ce dossier.
- les conséquences néfastes des fusions sur le quotidien des familles et des enfants.

Sur les quatre écoles concernées, trois conseils de maîtres et d’écoles (enseignants + parents élus), se sont prononcées contre les fusions.
A l’élémentaire Prévert, ni le conseil des maîtres, ni le conseil d’école ne se sont prononcés ! C’est d’autant plus incroyable que la nouvelle école primaire Prévert regroupe désormais 350 élèves (taille d’un petit collège) ! dirigée par un seul directeur d’école, par ailleurs second adjoint au Maire. A l’occasion de cette fusion, il devient totalement déchargé de classe.

L’administration s’est appuyée sur l’acceptation des fusions par ce seul directeur pour engager l’avenir scolaire de prés de 600 enfants de la commune et presque autant de familles. Seuls les parents Indépendants de l’école élémentaire Prévert (PAI) se sont clairement positionnés et engagés contre ce projet, l’Inspecteur d’Académie les empêchant de s’exprimer auprès des autres parents d’élèves de l’école par le biais des cahiers de liaison des élèves.

Le Maire de St Jean de Braye : une responsabilité pleine et entière dans la situation
Nous affirmons que le Maire, contrairement à ce qu’il exprimait dans un premier temps,
- a de fait donné son accord aux fusions sur la commune;
- a pris une part essentielle pour les défendre en participant activement aux côtés de l’administration à la promotion des fusions sur la commune. Sa participation aux conseils d’écoles concernés en atteste.

De toute évidence, sans son accord ni celui de son second adjoint, les fusions n’auraient pas eu lieu a St Jean de Braye. Nous laissons aux lecteurs le soin d’interpréter cet acharnement à faire aboutir à tout prix ces regroupements d’écoles.

Des dégâts considérables
Nombreux sont celles et ceux qui ont le sentiment d’avoir été trompés. Lors des états généraux de l’Education organisés par la municipalité en 2008-2009, la question des fusions était déjà à l’étude. La notion d’écoles à taille humaine avait été actée. Mensonge par omission ? Deux ans plus tard, le discours municipal vole en éclats. Pour qui, pourquoi ?

Plus grave : une collaboration ouverte de la municipalité avec la gouvernance Sarkozy dans le processus de démantèlement du service public d’éducation. Comment un Maire prétendument de gauche, peut il s’en rendre aussi activement complice embarquant dans cette galère sa municipalité, jusqu’au sénateur socialiste du Loiret !
Quel aveuglement feint !

Pour preuve, le Ministère de l’éducation nationale dans un document intitulé : Schéma d’emplois 2011 – 2013, liste les mesures destinées à faires des économies d’échelles sur le dos de l’école publique. Parmi celles concernant les écoles :
• Augmentation de la taille des classes:
- relèvement des seuils d’ouverture et de fermeture de classe;
- regroupement des structures;
- réduction du besoin de remplacement;
- ouverture du vivier de remplacement;
- Baisse de la scolarisation à 2 ans Moins d’élèves scolarisés dès deux ans.
• Sédentarisation des enseignants « hors la classe » :
- enseignement spécialisé – RASED;
- coordination/ animation pédagogique.

Cette politique est, chose rare, ouvertement dénoncée par le syndicat des Inspecteurs d’Académies.

En guise de conclusion provisoire
L’administration fera tout pour que la rentrée 2010-2011 se passe bien, puis désengagera progressivement les quelques moyens dérogatoires obtenus pour faire avaler les fusions.
La rupture est brutale entre celles et ceux qui en s’opposant aux fusions ont montré leur attachement à une école de qualité et à taille humaine, la municipalité et ses complices.
Des suites juridiques éclairciront peut être la situation abraysienne dans les mois qui viennent.
Cette mobilisation aura permis de tisser des liens de confiance entre parents et enseignants mobilisés, de briser la loi du non dit sur la politique collaborationniste de la municipalité dans le domaine scolaire.
L’Inspecteur d’Académie du Loiret, a affirmé que les fusions à l’avenir n’auront lieu qu’en cas de départ à la retraite et qu’il n’y aura pas de fusions imposées sans concertation ! Ce qui est tout de même la moindre des choses !

En 2003-2004, un certain nombre d’abraysiens s’étaient opposés victorieusement au Maire de l’époque qui voulait fermer l’école maternelle Château Foucher, tandis que d’autres collaboraient (déjà…) avec lui pour accompagner la fermeture. Ce dernier l’avait payé assez cher en 2004 en perdant son siège de conseiller général au profit de celui qui allait devenir en 2008, Maire de St Jean de Braye.
Gardons cela en mémoire… et poursuivons la résistance.


Extrait du Communiqué de presse des Inspecteurs d’Académies du 16 juin 2010 :

« Les réformes engagées dans l’Education Nationale interrogent les responsables du système éducatif et au premier chef les Inspecteurs d’Académie qui sont souvent en difficulté pour défendre devant les enseignants et les parents les décisions ministérielles.

Les instructions qui se succèdent donnent une image brouillonne de la gouvernance du ministère et ne tracent pas les contours du grand dessein pour l’école dont le pays a besoin.

On nous demande de supprimer des postes alors que lutter contre l’échec scolaire et la violence à l’école suppose plus d’adultes et plus d’éducation dans les établissements.

On nous demande d’augmenter les effectifs des classes, alors que la difficulté scolaire se traite avant tout par une pédagogie différenciée d’autant plus difficile à mettre en œuvre que les effectifs sont importants.

On nous demande de fermer les petits établissements ruraux alors que la circulaire Balladur de 1993, jamais abrogée, interdit la fermeture de la dernière classe d’une commune.

On nous demande de ne plus scolariser les enfants de moins de trois ans alors que toutes les études montrent les effets bénéfiques d’une scolarisation précoce dans les milieux les plus défavorisés.

On nous donne en exemple le modèle finlandais dont la formation des enseignants est un élément clé de la réussite tandis qu’on réduit le temps de formation des professeurs français.

Comment expliquer cela aux parents d’élèves, aux enseignants ? Quelle en est la logique si ce n’est une logique uniquement budgétaire ? …. »


Le ministère justifie les mesures destinées à faire des économies d’échelles de la manière suivante :

« L’augmentation de la taille moyenne des classes a un impact direct et très important sur les besoins en E.T.P. dans le premier degré. La définition et l’utilisation des seuils d’ouverture et de fermeture de classes peuvent contribuer efficacement à une augmentation du nombre moyen d’élèves par classe. »

« L’augmentation de la taille des classes peut aussi provenir de l’augmentation de la taille des écoles, selon divers effets de structures (fermeture d’écoles, gestion des élèves à l’échelle d’une commune, regroupements de différentes natures…). »

« Les effets de structures introduisent, en effet, des rigidités qui ne sont pas sans conséquence sur l’optimisation de la taille des classes et, donc, sur les dotations en emplois. Outre les leviers d’action liés aux modalités d’affectation des élèves et à l’augmentation des seuils de création de classes, les fusions d’écoles ainsi que la mise en place des regroupements pédagogiques intercommunaux sont de nature à permettre une répartition plus homogène et plus cohérente des effectifs tout en réduisant le nombre de classes nécessaires. »