lundi 14 décembre 2009

Le sport de haut niveau est il soluble dans le marché de l’eau ?

Dans son numéro du 10 décembre 2009, la Tribune d’Orléans nous en dit long sur les efforts de la Saur pour s’imposer localement. Un « article réalisé en partenariat avec le groupe Saur » précise t-elle en bas de page. Curieux euphémisme pour une demie page de publicité.
La Saur, sponsor de l’Entente Orléanaise, organisait le 2 décembre une rencontre entre l’équipe de basket d’Orléans, le club de rugby de Brive et des élus de l’Agglo d’Orléans. L’article précise clairement le but de cette initiative : « Cette participation à la vie sportive permet d’ancrer le groupe Saur dans la vie locale et ce sont des problématiques et des éléments fédérateurs que partagent l’ensemble des élus ».

De quels éléments fédérateurs parle t-on ?
L’ Entente Orléanaise est le club sportif Orléanais le mieux financé de l'agglomération avec un budget de 4,615 millions d’euros pour la saison 2009-2010. Trois communes y participent : Orléans avec 1,4 million d’euros ; Fleury les Aubrais et Saint Jean de Braye avec 47000 euros chacune.
Orléans a fait de l’Entente un axe important de sa communication politique. Cette saison, la ville a doublé sa subvention au club sportif. Son maire, Serge Grouard, a décidé la construction d’un grand équipement sportif capable d’accueillir 10000 spectateurs.
La Saur est le principal partenaire privé des communes de l’agglomération pour la distribution de l’eau potable et le retraitement des eaux usées. Elle intervient auprès de 9 d’entre elles, devant Véolia (5) et la Lyonnaise de eaux (3). Parmi ces 9 communes, quelle coïncidence, on retrouve Fleury les Aubrais et Saint Jean de Braye.

Les marchands d’eau mettent la pression
La Saur a bien compris tout le bénéfice à tirer de la médiatisation de l’Entente Orléanaise. Comme nos élus, elle cherche à valoriser son image. Et dans le même temps, elle se rapproche de ceux qui ont en charge, entre autre, la gestion du service public de l’eau.Dans les prochains mois, la pression des marchands d’eau devrait encore s’accroître. Ces 5 prochaines années en effet, dans 6 communes de l’Agglo, les contrats de distribution d’eau potable passés avec un prestataire privé arrivent à échéance, et devront être renégociés ou retourner en régie municipale : Semoy (en 2010), St Jean de Braye, Orléans (en 2011), St Pryvé St Mesmin, St Denis en Val (en 2013) et St Jean le Blanc (en 2014).

Un bel exemple de fuite !
Mais nous, usagers du service de l’eau, quel bénéfice pouvons nous tirer de cette action ? C’est l’argent de nos factures qui s’écoule à plein tuyau ! Qui nous a demandé notre avis ? Avec une gestion en régie publique du service de l’eau, ce genre de fuite n’existerait pas !